THA TRICKAZ - interview du 25/11/10

Publié le par eastrip

 

1 – Découverte du Printemps de Bourges 2009 et vainqueur du remix contest organisé par Wax Tailor pour son morceau “Say Yes”. Depuis 2 ans, ça marche plutôt bien pour le groupe. Quel est ,d'après vous, la clé de ce succès?
 
On a commencé Tha Trickaz il y a plus de 10 ans déjà .Ces deux dernières années, avec ses récompenses, nous ont juste donné envie d’aller plus loin, et de continuer à apprendre des choses musicalement !
D’ailleurs depuis nous avons gagné un autre contest remix cette année, celui de Cassius pour le titre « The Sound of Violence » qui devrait sortir sur Cassius records très prochainement.
 
2 – On vous compare souvent à Kid Koala, Scratch Perverts, Kentaro, Birdy Nam Nam ou encore Beattorrent... Que pensez-vous de cette comparaison?
 
On a été honoré d’avoir joué avec chacun de ces groupes, et ils ont tous un point commun : le scratch. Nous, le scratch est une partie de notre live show, l’autre partie c’est les MPC’s (Sampleurs) qui nous permettent de jouer nos beats et la plupart de nos sons. Au final, beaucoup de gens nous comparent aussi à ces artistes parce que scéniquement nous avons tous des machines posées sur des tables !
 
3 – Vous avez eu l'occasion de remixer plusieurs artistes. Que cherchez-vous à apporter de plus lorsque vous créez un remix?
 
L’idée première lorsqu’on remixe un artiste, c’est de ne pas s’ennuyer ! On part souvent sur un tempo différent de la version originale, et en fonction du thème, on va essayer de créer de nouvelles bases mélodiques… On aime beaucoup déconstruire les morceaux pour les reconstruire à notre sauce !
 
4 – Issus du milieu hip hop, qui s'essouffle de plus en plus, vous avez décidé de le faire évoluer vers d'autres sphères (rock, électro...). Que manque-t-il au hip hop aujourd'hui pour qu'il puisse retrouver ses lettres de noblesse?

 
Beaucoup de gens disent que le Hip Hop est mort, et il est vrai dans une certaine mesure que le Hip Hop commercial d’aujourd’hui n’est pas ce que l’on écoute, mais d’un autre côté des labels comme « Stones Throw » par exemple, nous montrent encore qu’il y aura toujours du bon Hip Hop à se mettre sous la dent !

5 – Le sampling tient une large part dans vos morceaux. Quel est son but premier?
 
On sample depuis le début , c’est dû à notre background Hip-Hop. Aujourd’hui on continue à le faire car le grain d’un vieux vynil samplé reste inimitable !
Le sample permet de nous inspirer de toutes les cultures que nous apprécions tels que les b.o. de films,  de dessins animés japonais ou vieilleries asiatiques.

6 – Vos productions sont principalement instrumentales. Que cherchez-vous à travers la composition instrumentale?

 
Au début du projet, on avait en tête de faire des instrus destinés à des Mcs seulement à l’époque, on ne connaissait personne ! Du coup, nos instrumentaux se sont peu à peu étoffés jusqu’à ce qu'il n’y ait pas besoin de Mc : on y a intégré plus de choses personnelles, plus de mélodies, plus de breaks…
Notre premier album « Iconoclast Soud Adventures » est basé sur ces principes.
Aujourd’hui, on ne peine plus à trouver de Mcs, et le deuxième album : « Cloud Adventures » (prévu Fev 2011 sur Disquette Records) verra beaucoup plus de « Lyricists » ce qui ne nous empêche pas d’avoir une majorité de compos strictement instrumentales sur l’album. On fait du « HipHop »
pas du « Rap », faut que les gens comprennent bien cette différence.

7 – Le 8-bit est un style musical que vous utilisez souvent dans vos compositions, en tant que passionnés de manga. Depuis quelques années, ce genre musical voit son nombre d'adeptes grandir de plus en plus. Effet générationnel ou réel reconnaissance de ce genre par le public?

  
C’est sûrement plus un effet générationnel, pour notre part on n’écoute pas vraiment de «8-bit » pur, on aime beaucoup en entendre se fondre dans du Hip Hop ou du Dubstep parce qu’on fait aussi parti de cette génération Game boy, Nes etc…
Etant grand joueur de jeux vidéo, il est normal et logique pour nous de retrouver ces sonorités dans nos prods.

8 – Vous utilisez divers samples d'instruments pour les rejouer sur des MPC. Le fait de jouer ces sons via les MPC vous apporte quoi de plus?

  
Les « Mpc » nous apportent le « Touché en direct » comme un instrument. C’est une façon plus ludique de jouer n’importe quel son avec un seul et même instrument.

9 – Au sein du groupe y a-t-il des rôles bien définis, ou alors ceux-ci se définissent en fonction des projets?

  
On a pas vraiment de règles là-dessus, à deux les projets avancent assez vite parce que chacun rebondit sur l’idée de l’autre !

10 – Comment préparez-vous vos lives?

  
On part en découpant nos propres chansons et en les remettant pistes par pistes dans nos sampleurs, nos platines, etc… Ensuite on essaie de rejouer à notre façon la composition, ce qui donne une version live différente à chaque fois. On essaye souvent de donner encore plus d’énergie dans les morceaux en live !

11 – Chaque album  comporte sa part d'évolution. Quelle sera celle du nouveau qui sortira en février 2011 sur votre label « Disquette records »?
 
Le premier album date d’il y 5 ans déjà, et depuis on a fait beaucoup de route, et croisé beaucoup d’autres styles de musique ! On a gardé nos bases Hip Hop agrémentées de mc’s et sur le plan instrumental on est allé plus loin dans le côté expérimental. Quelque part l’album à venir est notre premier album officiel !
Le 1er album était le résultat de notre entraînement dans le monde du beatmaking.
L’album qui suit reflète vraiment le style et le son que l’on voudrait apporter à Tha Trickaz.

12 – Quels seront les artistes, avec lesquels vous avez souhaitez collaborer, que le public pourra retrouver sur cet album?

 
Sur le plan des Mcs : Shabaz the Disciple (NYC), Ali (Ex-lunatic), Shogun Assasson (Killarmy), Non-Genetic (LA) , The Shadowhuntaz.
Sur le plan des musiciens : Hansen, un saxophoniste de Paris et Luce, une violoncelliste australienne
Il y a aussi un track fait avec « La Fine Equipe », des producteurs de Marseille.

13 – Comment s'est fait le choix de ces artistes?
 
Shabaz, on  a décidé d’aller le rencontrer directement en backstage, dans une soirée « Wu Tang », on est allé le voir et on lui a proposé d’écouter nos tracks, on s’est donné rdv en studio le lendemain et depuis, à chaque fois qu’il est de retour à Paris, on enregistre ! C’est grâce à lui qu’on a rencontré Hell Razah et Shogun.
Ali, on l’a rencontré en enregistrant son album, du coup on a sympathisé et enregistré deux tracks avec lui dans la foulée !
Non- Genetic, c’est un Mc de LA, qu’on a rencontré sur myspace, on lui a proposé de faire des featurings en lui envoyant des instrus par internet, et lui en nous renvoyant des acaps. Depuis on l’a rencontré et il est fort probable qu’il y ait d’autres collabs « Tha Trickaz-Non Genetic »
Hansen, Luce et la Fine Equipe sont tous des connaissances, du coup, nos collaborations se sont faites de façon très naturelle.

14 – Qu'attendez-vous de votre prochain album?

Qu’il nous emmène encore plus loin ! On a eu la chance de tourner deux fois en Asie cette année et on espère bien continuer partout dans le monde !

15 – Le mot de la fin?
 
En avant goût de l’album, on a sorti sur Disquette records un premier disque : « Megaphone » avec en face B « Gypsy Robot Dubstep RMX », On invite tous les gens à aller l’écouter sur Deezer !
Et vous pourrez nous découvrir ou redécouvrir en live un peu partout en France et spécialement à Tignes en mars avec Quiksilver pour les 2011 Winter Xgames.

 
Merci pour cet interview et Otodayo !

 

 

 

 

Publié dans interviews

Commenter cet article